
La domotique n’est pas un luxe technologique, mais un outil essentiel pour préserver la dignité et le pouvoir d’agir face à une perte de mobilité progressive.
- La perte de capacité à effectuer des gestes simples (éteindre une lumière) est un facteur psychologique majeur, lié à la dépression.
- Un système réussi repose sur la simplicité et la fiabilité (boutons physiques, routines vocales claires) plutôt que sur la complexité.
Recommandation : Priorisez la mise en place d’un système domotique évolutif, basé sur des standards ouverts (Zigbee, Matter), pour qu’il s’adapte à vos besoins futurs sans vous enfermer dans une seule technologie.
Se lever pour aller fermer une lumière au fond du couloir. S’assurer que la porte est bien barrée le soir. Baisser les stores un par un quand le soleil de fin de journée éblouit. Pour la plupart des gens, ce sont des gestes anodins. Mais lorsque la mobilité diminue, chaque déplacement devient une négociation, une source de fatigue, voire une prise de risque. On pense souvent à la domotique comme un gadget de confort pour les jeunes, une façon de lancer sa musique par la voix ou de créer des ambiances lumineuses colorées.
Cette vision passe à côté de l’essentiel. Pour un aîné québécois ou une personne vivant avec un handicap progressif, la technologie n’est pas une question de confort, mais de contrôle, de sécurité et, surtout, de dignité. La véritable question n’est pas « comment rendre ma maison plus cool ? », mais bien « comment puis-je continuer à être le maître chez moi, en toute sécurité, malgré les défis que mon corps m’impose ? ».
La clé n’est pas d’accumuler des appareils connectés, mais de construire un environnement capacitant : un domicile qui ne se contente pas de vous abriter, mais qui travaille activement avec vous pour préserver votre pouvoir d’agir. C’est une approche qui va bien au-delà de la simple commande vocale, en s’intéressant à l’ergonomie des interfaces, à la fiabilité des automatisations et à la planification à long terme.
Cet article, conçu avec la perspective d’un ergothérapeute, vous guidera à travers les étapes stratégiques pour bâtir un système qui sert réellement votre autonomie. Nous aborderons les aspects psychologiques, les choix technologiques cruciaux et les applications pratiques qui peuvent transformer votre quotidien.
Pour vous aider à naviguer dans ce sujet riche, voici un aperçu des points essentiels que nous allons explorer ensemble, des fondements psychologiques aux choix techniques les plus pointus.
Sommaire : Bâtir une maison intelligente pour préserver votre indépendance
- Pourquoi ne plus pouvoir fermer les lumières seul déclenche dépression chez 40% des seniors ?
- Comment configurer Google Home pour comprendre un senior francophone de 78 ans à 90% ?
- Interface tactile versus boutons physiques : quel contrôle pour une personne de 72 ans avec arthrite ?
- L’erreur du système à 50 fonctions que votre parent de 80 ans n’utilise jamais par peur
- Comment programmer 10 automatisations qui éliminent 80% des manipulations quotidiennes ?
- Comment planifier votre salle de bain pour aujourd’hui et dans 10 ans ?
- Comment choisir un contrôleur qui pilote vos appareils Zigbee, Z-Wave et WiFi simultanément ?
- Comment bâtir un système domotique compatible avec tous vos appareils futurs ?
Pourquoi ne plus pouvoir fermer les lumières seul déclenche dépression chez 40% des seniors ?
La perte d’autonomie n’est pas qu’une question de limitations physiques. C’est une érosion lente et insidieuse du sentiment de contrôle sur sa propre vie et son environnement. Des gestes aussi simples que fermer un store ou ajuster le thermostat, lorsqu’ils deviennent difficiles ou impossibles à réaliser seul, se transforment en rappels constants d’une dépendance croissante. Cette accumulation de « petites défaites » quotidiennes a un impact psychologique profond et souvent sous-estimé. Ce n’est pas un hasard si, selon le Conseil national des aînés du Canada, près de 44 % des aînés en établissement de soins présentent des symptômes de dépression.
Cette détresse est intimement liée à la perte du pouvoir d’agir. Lorsque chaque action nécessite de l’aide, un sentiment d’impuissance s’installe, menant à l’isolement. On hésite à demander de l’aide pour ne pas « déranger », on réduit ses activités, on se replie sur soi. L’isolement social qui en découle est un cercle vicieux qui aggrave les risques pour la santé mentale et physique.
C’est ici que la domotique, bien pensée, change radicalement de statut : de gadget, elle devient un outil thérapeutique. En redonnant la capacité d’interagir directement avec son domicile, elle ne fait pas qu’assister; elle restaure un sentiment de compétence et de maîtrise. L’enjeu n’est pas de ne plus se lever, mais de savoir qu’on a le choix de le faire ou non. Le simple fait de pouvoir éteindre toutes les lumières depuis son lit, sans aide, n’est pas un acte de paresse, mais une réaffirmation quotidienne de son indépendance.
L’isolement social peut avoir un impact majeur sur la vie des aînés. La détresse émotionnelle due à la solitude, la dépression et une mauvaise santé physique et mentale sont associées à l’isolement social.
– Emploi et Développement social Canada
En comprenant cet enjeu psychologique fondamental, on réalise que l’objectif premier d’un système domotique pour aînés n’est pas le confort, mais la préservation de la dignité et de la santé mentale. Chaque fonction doit être évaluée à l’aune de cette question : « Cette automatisation redonne-t-elle du contrôle et de l’autonomie à la personne ? ».
Comment configurer Google Home pour comprendre un senior francophone de 78 ans à 90% ?
Les assistants vocaux comme Google Home ou Alexa sont souvent présentés comme la solution miracle. Pourtant, la réalité sur le terrain est plus complexe. Une voix affaiblie par l’âge, une articulation moins précise ou un accent régional prononcé, comme l’accent québécois, peuvent transformer l’expérience en une source de frustration. L’assistant qui ne comprend pas une commande simple devient un obstacle de plus, renforçant le sentiment d’incompétence que l’on cherchait justement à combattre. Heureusement, une configuration soignée peut drastiquement améliorer la fiabilité.
L’objectif n’est pas la perfection, mais une fiabilité de 90% sur les commandes essentielles. Pour y parvenir, il faut prendre le temps d’adapter l’outil à l’utilisateur, et non l’inverse. Cela passe par des réglages techniques et la création de routines intelligentes qui minimisent la marge d’erreur.
L’étape la plus importante est l’entraînement de la reconnaissance vocale. Il faut encourager la personne à répéter plusieurs fois les phrases clés dans les paramètres de l’application, avec son intonation et son débit naturels. Il ne s’agit pas de « corriger » sa façon de parler, mais d’éduquer la machine. Par ailleurs, la création de routines avec des mots-déclencheurs courts, uniques et faciles à prononcer (ex: « Bonjour » pour ouvrir les stores et allumer la cafetière, « Dodo » pour tout éteindre) est bien plus efficace que de longues phrases complexes.
La configuration de ces appareils demande une attention particulière, mais elle est la clé pour transformer un gadget potentiellement frustrant en un allié fiable du quotidien.

Voici un plan d’action simple, en cinq étapes, pour optimiser un assistant vocal pour un proche aîné :
- Ajuster la sensibilité : Dans les paramètres de l’appareil, augmentez la sensibilité du microphone pour qu’il capte mieux une voix plus faible.
- Entraîner le modèle vocal : Prenez 15 minutes pour faire la procédure « Voice Match » ou équivalente, en faisant répéter à l’utilisateur plusieurs phrases avec son accent naturel.
- Créer des routines simples : Associez des actions complexes (ex: « éteindre les lumières du salon et de la cuisine ») à une commande très simple et unique (ex: « OK Google, termine la soirée »).
- Utiliser des mots-clés distincts : Évitez les synonymes. Si la routine est « Dodo », n’utilisez pas « Bonne nuit » ou « Au lit », car cela augmente la charge cognitive et les risques d’erreur.
- Prévoir une alternative : La fatigue vocale est une réalité. Assurez-vous qu’un bouton physique connecté existe toujours pour contrôler les fonctions essentielles (comme la lumière de chevet) sans avoir à parler.
Interface tactile versus boutons physiques : quel contrôle pour une personne de 72 ans avec arthrite ?
Le choix de l’interface de contrôle est aussi crucial que le système lui-même. Pour une personne de 72 ans souffrant d’arthrite aux mains, un écran tactile peut être à la fois une bénédiction et une malédiction. La douleur, la perte de sensibilité dans les doigts ou les tremblements peuvent rendre la manipulation d’une petite icône sur une tablette extrêmement difficile et décourageante. À l’inverse, un bouton physique bien conçu offre un retour tactile clair et ne demande pas la même précision.
La solution idéale n’est pas de choisir l’un ou l’autre, mais de proposer un système hybride. L’écran tactile, comme une tablette fixée au mur ou posée sur une table, est parfait pour visualiser l’état de la maison (température, lumières allumées) et pour des actions moins fréquentes. Les boutons physiques, eux, doivent être dédiés aux actions les plus répétitives et essentielles : allumer/éteindre la lumière principale du salon, la lampe de chevet, ou lancer une routine « Je pars ».
Ces boutons doivent être choisis avec soin. On privilégiera des modèles de grande taille, avec un « clic » mécanique bien perceptible ou un retour lumineux qui confirme l’action. Ils doivent être placés à des endroits stratégiques et ergonomiques : près du fauteuil, à côté du lit, à hauteur de main près de la porte d’entrée. L’objectif est de réduire l’effort physique et la charge cognitive. L’utilisateur ne devrait jamais avoir à se demander « Où est le bouton pour… ? ».
Le tableau suivant, basé sur une analyse comparative des solutions du marché, résume les points forts et faibles de chaque approche pour ce contexte précis.
| Critère | Interface tactile | Boutons physiques |
|---|---|---|
| Force de pression requise | Très faible (effleurement) | Variable selon modèle (2-5 Newton) |
| Taille des zones d’interaction | Personnalisable (jusqu’à 5cm²) | Fixe (généralement 2-3cm²) |
| Retour haptique | Vibration légère | Clic mécanique perceptible |
| Visibilité | Rétroéclairage adaptable | Nécessite éclairage ambiant |
| Coût moyen | 150-300 CAD | 50-150 CAD |
En définitive, la meilleure interface est celle que la personne utilisera avec confiance et sans douleur. Proposer une combinaison intelligente de tactile pour la supervision et de boutons physiques pour l’action est la stratégie la plus inclusive et la plus respectueuse des limitations physiques.
L’erreur du système à 50 fonctions que votre parent de 80 ans n’utilise jamais par peur
L’une des plus grandes erreurs en matière de domotique pour aînés est de penser que « plus il y a de fonctions, mieux c’est ». Un système complexe, avec des dizaines d’options, d’icônes et de menus, crée une barrière psychologique appelée « technophobie » ou peur de mal faire. Face à une interface surchargée, la personne de 80 ans ne se dit pas « Super, toutes ces options ! », mais plutôt « Et si j’appuie sur le mauvais bouton ? Si je dérègle tout ? ». La peur de « casser » la technologie mène à un abandon pur et simple du système. L’investissement est alors perdu, et le sentiment d’échec, lui, reste.
L’approche d’un ergothérapeute est radicalement opposée. Il ne s’agit pas d’installer le plus de fonctions possible, mais d’identifier les 5 à 10 actions qui ont le plus grand impact sur l’autonomie et la sécurité au quotidien. C’est le principe de la simplicité radicale. Comme le souligne une experte dans le domaine, la technologie doit redonner du pouvoir, pas enlever la confiance.
La domotique doit être vue comme un outil de pouvoir et de contrôle qui préserve la dignité, et non comme une aide.
– Dr. Penny MacCourt, Boîte à outils sur l’isolement social des aînés
Le secret réside dans l’intégration progressive. On commence par automatiser une ou deux tâches très répétitives et pénibles, comme la fermeture des volets le soir. Une fois que cette fonction est maîtrisée et adoptée, on peut en introduire une nouvelle. Chaque succès renforce la confiance de l’utilisateur. L’objectif est de créer un environnement serein et prévisible, où la technologie est si bien intégrée qu’elle en devient invisible, et non une source de stress supplémentaire.

Au lieu d’une application complexe, on privilégiera des boutons uniques pour des scénarios clés : un bouton « Je quitte la maison » qui éteint toutes les lumières, baisse le chauffage et verrouille la porte ; un bouton « Bonne nuit » qui fait de même pour la chambre. C’est cette simplicité qui garantit l’adoption et, au final, l’efficacité du système pour préserver l’autonomie.
Comment programmer 10 automatisations qui éliminent 80% des manipulations quotidiennes ?
Partant du principe que la simplicité est la clé, il est inutile de vouloir tout automatiser. La majorité des gains en autonomie et en sécurité provient d’un petit nombre d’automatisations bien ciblées. Celles-ci doivent répondre à des besoins réels et répétitifs, en éliminant les tâches les plus contraignantes ou à risque. Alors que, d’après une étude, près de 90 % des personnes âgées souhaitent continuer à vivre dans leur propre logement, ces aides technologiques deviennent des piliers du maintien à domicile.
L’objectif est d’identifier les « points de friction » dans la journée type de la personne. Est-ce le risque de chute la nuit en allant aux toilettes ? La difficulté à manipuler les thermostats ? L’oubli de la prise de médicaments ? Chaque automatisation doit être une réponse directe à l’un de ces problèmes. On se concentre sur la sécurité, puis sur la gestion de l’énergie et enfin sur le confort, dans cet ordre de priorité.
Par exemple, l’éclairage automatique du chemin entre la chambre et la salle de bain la nuit est probablement l’automatisation la plus importante en matière de prévention des chutes. La régulation automatique du chauffage en fonction de l’heure et de la présence évite des manipulations complexes et garantit une température stable et confortable, ce qui est crucial pour les personnes âgées, plus sensibles aux variations.
L’idée est de créer des scénarios qui anticipent les besoins. Le matin, les stores s’ouvrent progressivement pour un réveil en douceur. Le soir, à une heure définie, toutes les lumières s’éteignent et la porte se verrouille. Ces routines fiables et prévisibles allègent considérablement la charge mentale et physique.
Plan d’action : 10 automatisations à fort impact pour l’autonomie
- Chemin lumineux nocturne : Un détecteur de mouvement au pied du lit allume des lumières basses (plinthes, veilleuses) vers la salle de bain dès que la personne se lève la nuit.
- Extinction centralisée « Bonne nuit » : Un seul bouton près du lit (ou une commande vocale) éteint toutes les lumières, baisse le chauffage et s’assure que la porte est verrouillée.
- Gestion automatique des stores/rideaux : Programmation de l’ouverture le matin et de la fermeture au coucher du soleil pour la sécurité et la gestion thermique.
- Thermostat intelligent et programmé : Maintien d’une température de consigne confortable le jour et légèrement plus fraîche la nuit, sans aucune manipulation.
- Alertes de prise de médicaments : Une lumière spécifique (ex: lampe du salon) clignote en couleur à l’heure de la prise, couplée à un rappel vocal.
- Détection de fuite d’eau : Un capteur placé près du chauffe-eau ou sous l’évier envoie une alerte sur le téléphone d’un proche en cas de détection d’humidité.
- Simulation de présence : Pendant les absences, le système allume et éteint quelques lumières de façon aléatoire le soir pour dissuader les intrus.
- Bouton d’appel d’urgence : Un bouton sans fil, portable, qui envoie une notification à plusieurs proches en cas de problème (différent d’un service de télésurveillance).
- Contrôle de la porte d’entrée : Possibilité de vérifier si la porte est bien verrouillée et de la déverrouiller à distance pour un soignant ou un membre de la famille, via une application sécurisée.
- Rappel de porte de garage ouverte : Si la porte du garage reste ouverte plus de 15 minutes, une notification est envoyée.
Ces dix automatisations, à elles seules, couvrent la majorité des besoins fondamentaux en matière de sécurité et de gestion de l’effort. Elles constituent une base solide pour un environnement vraiment capacitant.
Comment planifier votre salle de bain pour aujourd’hui et dans 10 ans ?
La salle de bain est la pièce la plus dangereuse de la maison pour une personne à mobilité réduite. C’est aussi celle où l’intimité est la plus importante. La planifier pour l’avenir est un acte de prévoyance essentiel. Il ne s’agit pas de tout transformer immédiatement en hôpital, mais d’adopter une approche évolutive, en intégrant dès aujourd’hui des éléments qui faciliteront les adaptations de demain.
La première étape, souvent négligée, est de renforcer les murs autour de la toilette et de la douche lors de toute rénovation. Cela ne coûte presque rien sur le moment, mais permettra d’installer solidement des barres d’appui plus tard, sans avoir à tout casser. C’est le principe de la planification invisible.
Côté domotique, l’éclairage est prioritaire. Un système à détection de mouvement qui allume la lumière en entrant et l’éteint en sortant élimine le risque de chercher un interrupteur dans le noir. La nuit, ce même détecteur peut activer un éclairage tamisé pour ne pas éblouir. Un plancher chauffant intelligent, quant à lui, n’est pas un luxe : il assure une température agréable, sèche le sol plus vite pour éviter les glissades et peut être programmé pour ne fonctionner qu’aux heures de pointe.
Voici un exemple de plan d’investissement évolutif, permettant d’étaler les coûts tout en répondant aux besoins progressifs :
- Année 1 : Sécurité de base. Installation d’un éclairage automatique à détection de mouvement et de barres d’appui ergonomiques. (Coût estimé : 700 – 1400 CAD)
- Année 3 : Confort et hygiène. Ajout d’une toilette-bidet intelligente, qui réduit les mouvements de torsion et améliore l’hygiène personnelle. (Coût estimé : 1500 – 3000 CAD)
- Année 5 : Confort thermique et prévention. Mise en place d’un plancher chauffant intelligent et d’un détecteur de fuite d’eau. (Coût estimé : 2000 – 4000 CAD)
- Année 7-10 : Assistance avancée. Intégration d’un système de détection de chute non-intrusif (par capteurs muraux) qui alerte automatiquement les proches. (Coût estimé : 1000 – 2000 CAD)
Cette approche par étapes rend le projet financièrement plus accessible et psychologiquement plus acceptable. Chaque ajout est une réponse à un besoin émergent, et non une transformation radicale et anxiogène. Il est essentiel de se faire accompagner par des professionnels, comme des ergothérapeutes, qui sauront conseiller les solutions les plus adaptées à votre situation et à son évolution probable.
Comment choisir un contrôleur qui pilote vos appareils Zigbee, Z-Wave et WiFi simultanément ?
Pour bâtir un système fiable et évolutif, il faut un « cerveau » capable de faire communiquer tous vos appareils, quelle que soit leur marque ou leur technologie. C’est le rôle du contrôleur domotique, ou « hub ». L’erreur commune est de n’acheter que des appareils WiFi, qui dépendent de votre connexion Internet et peuvent saturer votre réseau. Les protocoles domotiques dédiés comme Zigbee et Z-Wave sont bien plus robustes. Ils créent leur propre réseau maillé (mesh), indépendant d’Internet pour les commandes locales, ce qui garantit que vos lumières s’allumeront même si votre fournisseur d’accès a une panne.
Le contrôleur idéal est donc un hub multi-protocole, capable de parler nativement le Zigbee, le Z-Wave et de s’intégrer avec vos appareils WiFi. Cela vous donne une liberté de choix maximale pour vos futurs achats. Vous pourrez choisir le meilleur capteur de porte (peut-être Z-Wave) et la meilleure ampoule (peut-être Zigbee) sans vous soucier de leur compatibilité.
Un autre critère non négociable pour une application de maintien à domicile est le fonctionnement hors-ligne. Vos automatisations de sécurité (chemin lumineux, détection de fuite) doivent fonctionner 24/7, indépendamment d’une connexion Internet. Les hubs qui traitent les informations localement (« on-premise ») sont donc largement préférables aux solutions qui dépendent entièrement du cloud.
Le tableau ci-dessous compare quelques options populaires au Canada, en mettant l’accent sur ces critères de robustesse et de polyvalence. Il s’appuie sur une analyse technique de plateformes domotiques reconnues.
| Hub | Prix (CAD) | Protocoles | Fonctionnement hors-ligne | Support francophone |
|---|---|---|---|---|
| Hubitat Elevation C-8 | ~200 | Zigbee, Z-Wave, WiFi | Oui – 100% local | Communauté active |
| Home Assistant Yellow | ~175 | Zigbee natif, Z-Wave avec dongle, WiFi | Oui – 100% local | Très large communauté |
| SmartThings Station | ~110 | Zigbee, Matter, WiFi | Partiel (certaines routines) | Limité |
Choisir un hub comme Hubitat ou Home Assistant demande un investissement initial en temps de configuration un peu plus important, mais c’est l’assurance d’un système pérenne, fiable et véritablement adapté à vos besoins, qui ne vous laissera pas tomber au moment crucial.
À retenir
- La domotique pour aînés doit viser à restaurer le contrôle et la dignité, pas seulement le confort.
- La simplicité est la clé : un système avec peu de fonctions fiables est supérieur à un système complexe et intimidant.
- Un système évolutif repose sur un contrôleur multi-protocole (Zigbee, Z-Wave) qui fonctionne localement, sans dépendre d’Internet.
Comment bâtir un système domotique compatible avec tous vos appareils futurs ?
Avoir choisi un bon contrôleur multi-protocole est la première étape. La seconde est de s’assurer que votre écosystème ne deviendra pas obsolète dans cinq ans. Le monde de la domotique a longtemps été un « Far West » technologique, chaque marque créant son propre langage, enfermant les utilisateurs dans des écosystèmes fermés. Heureusement, une nouvelle norme est en train de tout changer : Matter.
Matter est un standard de communication universel, soutenu par tous les géants de la tech (Apple, Google, Amazon, etc.). L’objectif est simple : si un appareil est certifié Matter, il fonctionnera avec n’importe quel contrôleur certifié Matter. C’est une promesse d’interopérabilité sans précédent. En pratique, cela signifie que vous n’aurez plus à vous demander si l’ampoule Philips Hue que vous achetez est compatible avec votre système Home Assistant. Si les deux sont compatibles Matter, ils se parleront.
Ne vous enfermez pas dans un écosystème unique. Privilégiez les appareils compatibles Matter ou utilisant des protocoles ouverts comme Zigbee pour garantir la compatibilité future.
– Expert en domotique, Guide SharpTools
La stratégie pour un système à l’épreuve du futur est donc claire :
- Choisir un contrôleur qui supporte Matter : La plupart des hubs modernes, comme ceux mentionnés précédemment, ont déjà ou auront très bientôt une mise à jour pour supporter Matter.
- Privilégier les appareils certifiés Matter : Lors de nouveaux achats, recherchez le logo Matter sur la boîte. C’est votre meilleure garantie de compatibilité à long terme.
- Pour les appareils non-Matter, s’en tenir aux standards ouverts : Zigbee et Z-Wave sont des protocoles établis avec des milliers d’appareils compatibles. Ils resteront pertinents pendant de nombreuses années et sont souvent intégrables dans un écosystème Matter via votre hub.
En adoptant cette approche, vous investissez dans la flexibilité. Vous vous assurez que votre domicile intelligent pourra évoluer en même temps que vos besoins et que les avancées technologiques, sans jamais vous contraindre à tout recommencer à zéro. C’est la définition même d’un investissement durable pour votre autonomie.
Pour mettre en place un projet domotique qui répondra véritablement à vos besoins actuels et futurs, l’étape suivante consiste à obtenir une évaluation personnalisée. N’hésitez pas à consulter un ergothérapeute ou un intégrateur spécialisé en adaptation domiciliaire au Québec pour concevoir un plan sur mesure.
Questions fréquentes sur la domotique pour l’autonomie au Canada
Le Crédit d’impôt pour l’accessibilité domiciliaire s’applique-t-il à la domotique ?
Oui, si les installations domotiques font partie d’un projet de rénovation plus large visant l’accessibilité, comme l’installation de systèmes de contrôle adaptés pour personnes à mobilité réduite. Les dépenses admissibles peuvent inclure des dispositifs de commande de l’éclairage, du chauffage ou des stores. Il est conseillé de consulter les critères de l’Agence du revenu du Canada (ARC).
Dois-je tout automatiser en même temps ?
Non, au contraire. Il est fortement recommandé de procéder par étapes sur plusieurs années. Commencez par les éléments cruciaux pour la sécurité (éclairage nocturne, détection de fuite), puis ajoutez progressivement des fonctions de confort (gestion des stores, thermostat), et enfin l’assistance plus complète (rappels, etc.). Cela rend le projet plus gérable financièrement et permet de s’adapter à la technologie sans se sentir dépassé.
Quels professionnels consulter au Québec ?
Pour une approche centrée sur vos besoins réels, les ergothérapeutes sont les meilleurs interlocuteurs. Ils peuvent évaluer votre situation et recommander des solutions adaptées. Ensuite, des entrepreneurs spécialisés en adaptation domiciliaire ou des intégrateurs domotiques ayant de l’expérience avec les aînés peuvent se charger de l’installation technique.