
Contrairement à la croyance populaire, rendre sa maison sécuritaire ne consiste pas à la transformer en bunker, mais à créer un environnement qui enseigne la prudence à votre enfant.
- Les dangers les plus critiques pour un tout-petit sont souvent invisibles à votre hauteur et se cachent dans les pièces que vous pensez sûres.
- L’erreur commune de tout bloquer peut freiner le développement de votre enfant et sa capacité à comprendre les limites par lui-même.
Recommandation : Avant d’acheter quoi que ce soit, commencez par l’étape la plus simple et la plus révélatrice : mettez-vous à quatre pattes et explorez votre maison avec les yeux de votre enfant.
En tant que parent d’un tout-petit qui commence à explorer le monde à quatre pattes ou sur ses deux pieds, chaque coin de votre maison devient une source potentielle d’angoisse. Cette phase, cruciale pour son développement entre 12 et 36 mois, est aussi celle où la vigilance est de mise. Vous avez probablement déjà lu des listes d’achats interminables : caches-prises, bloque-tiroirs, coins de table en mousse. Ces accessoires sont utiles, mais ils ne constituent que la première couche, souvent superficielle, de la sécurité domestique.
La plupart des guides se concentrent sur les objets à ajouter, mais négligent le contexte québécois, des foyers au gaz aux longs hivers qui impactent la qualité de notre air intérieur. Ils oublient surtout un principe fondamental que je vois tous les jours en tant qu’ergothérapeute pédiatrique : la surprotection peut être aussi problématique que le manque de protection. Un enfant qui ne fait jamais l’expérience (contrôlée) d’un objet qui tombe ou d’une porte qui se ferme n’apprend pas les lois de cause à effet qui le protégeront toute sa vie.
Et si la véritable clé n’était pas de construire une forteresse, mais de concevoir un environnement intelligemment sécurisé ? Une maison préparée non pas contre votre enfant, mais pour lui. Un lieu qui prévient les accidents graves et irréversibles, tout en lui offrant des occasions d’apprendre les limites de manière autonome et sécuritaire. C’est cette philosophie de la « sécurité dynamique » que nous allons explorer ensemble.
Cet article vous propose une approche complète, allant de l’identification des dangers cachés à la création de zones d’apprentissage, en passant par des choix d’aménagement qui faciliteront votre quotidien familial. Nous verrons comment transformer votre domicile en un écosystème où la sécurité et le développement de votre enfant ne sont plus en opposition, mais travaillent main dans la main.
Sommaire : La sécurité enfantine à la maison, une approche complète
- Pourquoi 60% des accidents graves surviennent dans les 3 pièces que vous croyez sécuritaires ?
- Comment ramper dans votre maison pour voir les 25 dangers invisibles à hauteur adulte ?
- Barrière à pression versus vissée : laquelle résiste à un enfant de 30 lb qui pousse ?
- L’erreur de tout bloquer qui empêche votre enfant d’apprendre les limites du danger
- À quel âge retirer les protections de prises, coins de table et barrières d’escalier ?
- Aire ouverte ou pièces closes : quel choix pour une famille avec enfants de 3 et 7 ans ?
- Pourquoi les crises d’asthme de votre enfant empirent après une rénovation ?
- Comment éliminer les embouteillages matinaux dans votre maison familiale ?
Pourquoi 60% des accidents graves surviennent dans les 3 pièces que vous croyez sécuritaires ?
L’intuition parentale nous pousse à nous méfier du garage, de l’atelier ou de la salle de bain. Pourtant, les statistiques démontrent une réalité contre-intuitive : la majorité des incidents se produisent là où la famille passe le plus de temps et où la garde est supposément la plus haute. En effet, près de 48% des accidents chez les enfants de 0 à 15 ans surviennent au sein du logement, et les zones de vie principales sont en première ligne. Chutes, brûlures, intoxications et chocs sont les incidents les plus fréquents, et ils trouvent leur origine dans des détails que notre regard d’adulte ne perçoit plus.
Au Québec, des analyses spécifiques confirment cette tendance. Trois pièces se distinguent comme des zones de risque élevé, précisément parce qu’elles sont au cœur de la vie familiale :
- La cuisine : C’est l’épicentre des dangers. Le CHU Sainte-Justine rapporte qu’un tiers de ses consultations en traumatologie sont liées à des accidents domestiques, dont beaucoup se déroulent ici. Entre les liquides chauds à portée de main, les portes de four, les couteaux sur le comptoir et les produits ménagers sous l’évier, c’est un terrain d’exploration à haut risque.
- Le salon : On pense aux coins de la table basse, mais on oublie souvent d’autres dangers. Les foyers au gaz, très courants dans les maisons d’ici, possèdent des vitres de protection qui peuvent atteindre des températures extrêmes, causant de graves brûlures au simple contact d’une petite main curieuse.
- La chambre de l’enfant : Paradoxalement, son propre sanctuaire peut être dangereux. Le risque principal est le basculement de meubles. Une commode ou une bibliothèque, même en bois massif, peut facilement basculer si un enfant tente de l’escalader. L’ancrage mural de ces meubles est une mesure de sécurité non négociable.
Cette concentration des risques dans les lieux de vie s’explique par un phénomène simple : la familiarité et le faux sentiment de sécurité. C’est parce que nous y sommes constamment que notre vigilance baisse. Nous ne voyons plus le danger que représente un chargeur de téléphone branché au sol ou un bibelot lourd posé sur une nappe.
Comment ramper dans votre maison pour voir les 25 dangers invisibles à hauteur adulte ?
Pour vraiment comprendre l’univers de votre enfant, vous devez littéralement vous mettre à son niveau. Un adulte voit un salon rangé ; un enfant à 70 centimètres du sol voit un monde fascinant de fils, de prises électriques, de petites pièces brillantes et de rebords à agripper. La meilleure méthode de prévention est ce que j’appelle un audit proprioceptif : explorer physiquement votre espace du point de vue de votre tout-petit. C’est une démarche active qui change radicalement votre perception des dangers.
Étude de cas : La Maison de Justin au CHU Sainte-Justine
Pour sensibiliser les parents, le CHU Sainte-Justine de Montréal a brillamment illustré ce concept avec « La Maison de Justin », un jeu en réalité virtuelle. En se glissant dans la peau d’un enfant, les parents découvrent une quinzaine de dangers potentiels dans seulement trois pièces. Ils réalisent comment une simple pilule tombée au sol peut ressembler à un bonbon, ou comment le fil d’une bouilloire pendant du comptoir devient une invitation à tirer. Cette simulation révèle les dangers cachés et prouve que voir le monde à travers les yeux d’un enfant est la méthode de prévention la plus efficace.
Cet exercice n’est pas seulement théorique. Il vous permet d’identifier des menaces concrètes que vous n’auriez jamais soupçonnées. L’illustration ci-dessous montre exactement ce que vous pourriez découvrir lors de votre inspection.

Comme vous pouvez le constater, la perspective change tout. Une pièce de monnaie oubliée devient un risque d’étouffement, le coin pointu d’une table est à hauteur des yeux, et les câbles électriques ressemblent à des jouets à mâcher. Pour structurer votre démarche, suivez un plan d’action simple mais rigoureux.
Votre plan d’action pour un audit proprioceptif
- Identifier les points d’attraction : Mettez-vous à quatre pattes et listez tout ce qui brille, fait du bruit ou a des couleurs vives à moins d’un mètre du sol (télécommandes, téléphones, clés).
- Inventorier les accès bas : Ouvrez tous les placards, tiroirs et portes accessibles. Listez ce qui s’y trouve : produits de nettoyage, sacs en plastique, petits objets.
- Suivre les fils et les cordons : Longez tous les câbles électriques, les cordons de stores et de rideaux. Sont-ils accessibles ? Peuvent-ils former une boucle ?
- Tester la stabilité : Poussez légèrement sur les télévisions, les lampes sur pied, les bibliothèques et les commodes. Évaluez le risque de basculement.
- Établir un plan de correction : Pour chaque danger identifié, décidez d’une action : déplacer, bloquer, fixer ou retirer. Priorisez les risques les plus graves (basculement, électricité, intoxication).
Barrière à pression versus vissée : laquelle résiste à un enfant de 30 lb qui pousse ?
L’escalier est souvent qualifié de « danger numéro un » dans une maison à étages, et à juste titre. Une chute peut avoir des conséquences dramatiques. Le choix d’une barrière de sécurité n’est donc pas anodin, et il ne se résume pas à une question de prix ou de facilité d’installation. La distinction fondamentale se fait entre les modèles à pression et les modèles vissés (à fixation murale), et leur usage n’est pas interchangeable, surtout au Québec où les normes sont strictes.
Une barrière à pression est maintenue en place par tension entre deux murs ou deux poteaux. Elle est facile à installer et ne laisse aucune trace, ce qui la rend idéale pour les locataires ou pour une utilisation temporaire. Cependant, sa résistance est limitée. Un enfant déterminé, pesant 25 ou 30 livres (environ 11-14 kg), qui s’appuie ou se secoue contre elle, peut parvenir à la déloger. C’est pourquoi leur utilisation est formellement déconseillée en haut d’un escalier. Le risque qu’elle cède est tout simplement trop grand.
La barrière vissée, quant à elle, est fixée directement dans les montants du mur. Son installation est plus complexe et permanente, mais elle offre une résistance incomparable. C’est la seule option sécuritaire pour le haut d’un escalier. Elle ne peut être ni poussée, ni soulevée par un jeune enfant. Le tableau suivant résume les points clés à considérer, en s’appuyant sur les normes de sécurité en vigueur.
Ce comparatif met en lumière les différences fondamentales en matière de sécurité, comme le détaille cette analyse des normes pour les barrières.
| Critère | Barrière à pression | Barrière vissée |
|---|---|---|
| Résistance maximale | 15-20 kg de pression | 30+ kg de pression |
| Installation recommandée | Bas d’escalier, séparation de pièces | Obligatoire en haut d’escalier |
| Hauteur minimale (norme NF EN 1930) | 73 cm | 73 cm |
| Espacement barreaux | Max 11 cm | Max 11 cm |
| Usage temporaire | Idéal (location, visite) | Installation permanente |
La vigilance est d’autant plus importante que des produits non conformes peuvent se retrouver sur le marché. Comme le rappelle le Conseil canadien du commerce de détail, la prudence est de mise :
Les barrières de sécurité spéciales pour escalier ont fait l’objet de rappels par Santé Canada en raison de leur non-conformité aux exigences canadiennes en matière de sécurité
– Conseil canadien du commerce de détail, Rappel de produits de sécurité 2018
Le choix d’une barrière vissée pour le haut de l’escalier n’est donc pas une simple recommandation, c’est un impératif de sécurité. Pour le bas de l’escalier ou pour séparer des pièces, un modèle à pression peut suffire, à condition qu’il soit certifié et correctement installé.
L’erreur de tout bloquer qui empêche votre enfant d’apprendre les limites du danger
L’instinct parental nous crie de capitonner chaque coin, de verrouiller chaque tiroir. Si cette approche « bunker » rassure l’adulte à court terme, elle peut se révéler contre-productive pour le développement de l’enfant. En créant un environnement stérile où aucune conséquence négative mineure ne peut se produire, nous le privons d’occasions fondamentales d’apprendre. Un enfant qui grandit dans une « bulle » n’aura pas développé les réflexes et la compréhension du danger nécessaires lorsqu’il se retrouvera dans un environnement non sécurisé, comme chez des amis ou à la garderie.
La clé est de trouver un équilibre entre la prévention des accidents graves et la permission d’une exploration qui enseigne. Il s’agit de passer d’une sécurité passive (tout est bloqué) à une sécurité active et éducative. L’objectif est de créer des « zones de risque calculé » : des espaces où l’enfant peut manipuler, ouvrir et explorer des objets sans danger réel. Cette approche, au cœur de certaines philosophies éducatives, est parfaitement applicable à la maison.
Étude de cas : L’approche Montessori et l’apprentissage du danger au Québec
Les écoles Montessori du Québec, reconnues depuis 1987, appliquent ce principe avec succès. L’environnement est soigneusement « préparé » pour permettre à l’enfant d’apprendre par l’expérimentation. Plutôt que d’interdire l’accès à la cuisine, on aménage un tiroir bas rempli de contenants en plastique et de cuillères en bois. L’enfant satisfait sa curiosité de manière sécuritaire. Selon une étude sur la concordance de cette approche avec le programme québécois, cet apprentissage par la manipulation supervisée permet d’intégrer progressivement des notions comme « fragile » ou « chaud » sans risque.
Créer un tel environnement chez vous est plus simple qu’il n’y paraît. Il s’agit de canaliser la curiosité de votre enfant vers des zones sûres, comme le montre cette scène d’exploration autonome et sécurisée.

Le but n’est pas de le laisser se blesser, mais de lui permettre de comprendre les conséquences de ses actes dans un cadre contrôlé. Faire tomber une tour de gobelets en plastique lui enseigne la gravité et la causalité. Toucher une tasse tiède (jamais chaude) sous votre supervision, en disant « c’est chaud », ancre le concept bien mieux qu’un « non ! » crié de l’autre bout de la pièce. Vous ne sécurisez plus seulement la maison, vous armez votre enfant de connaissances pour qu’il devienne l’acteur de sa propre sécurité.
À quel âge retirer les protections de prises, coins de table et barrières d’escalier ?
La sécurisation de la maison n’est pas un projet ponctuel, mais un processus évolutif. Tout comme vous avez installé des protections, il arrivera un moment où il faudra les retirer. Cette étape, que j’appelle la « désécurisation progressive », est aussi importante que la première. La retirer trop tôt expose l’enfant à des dangers qu’il n’est pas prêt à gérer ; la laisser trop tard peut entraver son autonomie et sa confiance en lui. La décision ne doit pas se baser uniquement sur l’âge, mais sur une évaluation attentive du développement et des capacités de votre enfant.
Chaque enfant évolue à son propre rythme. Cependant, il existe des repères généraux pour guider votre jugement. Le retrait des protections doit se faire par étapes, en commençant par les risques les moins critiques et en observant attentivement le comportement de votre enfant. Il est essentiel que l’enfant ait intégré les interdits et comprenne les consignes de base avant de lui donner plus de liberté. Par exemple, retirez les protections de coins de table uniquement s’il a cessé de courir sans regarder et s’il comprend la consigne « fais attention ».
Voici un calendrier indicatif pour planifier cette transition, qui doit toujours être adapté à votre enfant :
- Phase 1 (24-30 mois) : Surfaces basses et objets. Si votre enfant comprend et respecte la consigne « ne pas toucher » pour des objets spécifiques, vous pouvez commencer à retirer les protections sur les surfaces basses (tables de salon) et laisser certains objets non dangereux à sa portée pour tester son obéissance.
- Phase 2 (30-36 mois) : Accès intérieurs. C’est la période où l’on peut envisager de retirer les bloque-portes intérieurs (sauf pour les pièces à risque comme la salle de bain ou l’atelier). Les barrières d’escalier, cependant, doivent impérativement rester en place.
- Phase 3 (36 mois et +) : Les barrières d’escalier. C’est l’étape la plus délicate. L’enfant doit non seulement savoir monter et descendre les escaliers avec aisance, mais il doit aussi pouvoir le faire de manière sécuritaire, même lorsqu’il est fatigué, distrait ou agité. Un bon test est de vérifier qu’il descend systématiquement à reculons ou en se tenant à la rampe.
- Test final : La mise en situation. Avant de retirer une protection définitivement, créez des scénarios ludiques pour vérifier si l’interdit est bien intégré. Par exemple, laissez un objet « interdit » mais sans danger à portée de main et observez sa réaction à distance.
Comme le conseillent de nombreux experts, ce retrait se fait généralement entre deux et trois ans, mais votre jugement prime. Observez la coordination de votre enfant, sa capacité à suivre les règles et son niveau de compréhension générale avant de prendre une décision.
Aire ouverte ou pièces closes : quel choix pour une famille avec enfants de 3 et 7 ans ?
La conception de l’espace de vie a un impact direct sur la sécurité et le bien-être d’une famille. La tendance forte au Québec, comme ailleurs, est à l’aire ouverte, qui favorise la convivialité et la luminosité. Pour une famille avec de jeunes enfants, ce choix présente un avantage majeur : la surveillance visuelle constante. Depuis la cuisine, vous pouvez garder un œil sur le plus jeune de 3 ans qui joue dans le salon, tout en interagissant avec l’aîné de 7 ans qui fait ses devoirs à la table à manger. Cette configuration réduit le risque que l’enfant se retrouve seul dans une pièce avec un danger non identifié, une situation où surviennent une grande partie des accidents.
Cependant, l’aire ouverte a aussi ses défis. Le bruit peut devenir un problème, rendant difficile pour l’aîné de se concentrer. L’absence de délimitation claire peut aussi transformer tout l’espace en une gigantesque aire de jeu, rendant le rangement plus complexe. À l’inverse, les pièces closes offrent des zones de tranquillité et une séparation nette des fonctions (jeu, travail, repos). Mais elles compliquent la surveillance et peuvent nécessiter de sécuriser chaque pièce individuellement.
Pour une famille avec des enfants d’âges différents, la solution idéale n’est souvent ni l’un ni l’autre, mais un design flexible et hybride. Il s’agit de bénéficier des avantages de l’aire ouverte tout en pouvant créer des séparations temporaires ou fonctionnelles. Voici quelques solutions de design intelligentes pour moduler votre espace :
- Les portes escamotables ou coulissantes : Elles permettent de fermer une partie de l’espace (par exemple, le coin jeu) lorsque le bruit devient excessif ou pour créer un environnement plus calme pour l’heure des devoirs.
- Les cloisons vitrées de style « atelier » : Elles séparent physiquement les espaces tout en maintenant une transparence visuelle totale, préservant ainsi la surveillance.
- Le mobilier comme séparateur : Une bibliothèque basse (hauteur maximale de 1m10 pour ne pas créer de risque de basculement ni bloquer la vue) peut délimiter une zone de jeu sans fermer l’espace.
- L’utilisation de tapis : Un grand tapis peut définir visuellement une « zone de jeu » autorisée, aidant l’enfant à structurer l’espace et à comprendre où les jouets doivent rester.
Le choix dépend de votre style de vie, mais l’objectif reste le même : créer un environnement qui permet la supervision facile du plus jeune tout en offrant des bulles de quiétude à l’aîné et aux parents. Un espace bien pensé est un espace intrinsèquement plus sûr et plus harmonieux.
Pourquoi les crises d’asthme de votre enfant empirent après une rénovation ?
Vous venez de repeindre la chambre du petit ou de changer le plancher, et vous remarquez que sa toux ou ses symptômes d’asthme s’aggravent ? Ce n’est pas une coïncidence. Les dangers dans une maison ne sont pas seulement mécaniques (chutes, chocs) ; ils peuvent être invisibles et aéroportés. Les matériaux de construction et de finition neufs sont une source majeure de composés organiques volatils (COV), des produits chimiques qui s’évaporent à température ambiante et polluent l’air intérieur.
Dans nos maisons québécoises, de plus en plus isolées et étanches pour conserver la chaleur en hiver, ces polluants peuvent se concentrer à des niveaux dangereux. La ventilation naturelle est souvent réduite, piégeant les COV à l’intérieur. Le formaldéhyde, par exemple, est un COV courant classé comme cancérigène et se trouve dans de nombreuses colles, panneaux de particules (MDF), peintures et vernis. L’exposition à ces substances peut irriter les voies respiratoires, déclencher des crises d’asthme et causer d’autres problèmes de santé à long terme, les enfants y étant particulièrement sensibles.
Étude de cas : L’alerte de Santé Canada sur les matériaux neufs
Santé Canada a clairement identifié ce problème. Dans ses guides sur la sécurité des enfants, l’organisme souligne que les COV émis par les matériaux de rénovation sont un facteur aggravant majeur des troubles respiratoires. Une publication de Santé Canada explique que des produits comme les adhésifs pour planchers et les meubles en kit peuvent libérer du formaldéhyde pendant des mois après leur installation. C’est un risque silencieux qui transforme un projet d’amélioration de l’habitat en une menace potentielle pour la santé de votre famille.
La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible d’agir. La première ligne de défense est la ventilation massive. Après des travaux, il est impératif d’aérer la pièce en continu pendant au moins 72 heures, et idéalement une semaine, avant que votre enfant n’y dorme à nouveau. Ouvrez les fenêtres en grand, même en hiver, et utilisez des ventilateurs pour créer un courant d’air. De plus, lors de vos achats, soyez proactifs : recherchez les produits portant des certifications « sans COV » ou « faible émission », comme la certification Greenguard, de plus en plus disponibles chez les détaillants québécois.
À retenir
- La véritable sécurité enfantine va au-delà des objets : elle intègre l’apprentissage autonome du danger dans un environnement préparé.
- Votre perception d’adulte masque les dangers réels ; un audit à hauteur d’enfant est la première étape non négociable.
- La sécurité est dynamique : elle évolue de la protection maximale (barrières vissées) à une « désécurisation » progressive et réfléchie.
Comment éliminer les embouteillages matinaux dans votre maison familiale ?
La sécurité d’un enfant n’est pas seulement une question de risques physiques, mais aussi d’environnement émotionnel. Un quotidien chaotique, des parents stressés qui courent partout et une maison en désordre augmentent le risque d’inattention et, par conséquent, d’accidents. L’un des points de friction majeurs dans une famille québécoise est « l’embouteillage » matinal dans l’entrée, surtout en hiver. Les bottes, tuques, mitaines et sacs d’école qui s’accumulent créent non seulement du désordre, mais aussi un risque de chute et une source de stress considérable.
La solution réside dans l’organisation d’un « mudroom » ou d’un vestibule efficace, même si l’espace est restreint. Le but est de créer un système où chaque chose a sa place et où chaque membre de la famille, même le plus jeune, peut participer au rangement. Un espace d’entrée bien pensé fluidifie les départs et les retours, réduit le stress parental et libère du temps et de l’attention pour se concentrer sur l’essentiel : la sécurité et le bien-être des enfants.
Mettre en place un tel système est un investissement dans la sérénité de votre famille. Voici comment organiser un espace d’entrée fonctionnel, adapté à la réalité d’une famille avec de jeunes enfants :
- Penser à leur hauteur : Installez une rangée de crochets solides entre 60 et 90 cm du sol. Votre enfant de 3 ans pourra y suspendre lui-même son manteau et son sac, favorisant son autonomie.
- Un banc pour s’asseoir et ranger : Un banc robuste permet aux enfants de s’asseoir pour mettre leurs bottes. Optez pour un modèle avec des compartiments de rangement intégrés en dessous pour les souliers et les bottes d’hiver.
- Des casiers ou bacs individuels : Attribuez un casier, un bac ou un panier étiqueté à chaque membre de la famille. C’est l’endroit désigné pour les mitaines, les tuques et les foulards. Fini la chasse aux trésors matinale.
- Un point de centralisation : Placez un grand panier pour les articles « perdus » ou « à trier » près de l’entrée. C’est une solution temporaire qui évite que le désordre ne s’éparpille dans toute la maison.
- Un centre de commandement familial : Installez un tableau blanc ou un calendrier visible dès l’entrée pour noter les rendez-vous importants, les activités et les rappels.
En transformant le chaos de l’entrée en un système organisé, vous ne faites pas que gagner du temps. Vous instaurez un environnement plus calme, plus prévisible et donc intrinsèquement plus sécuritaire pour toute la famille. Vous enseignez l’ordre et la responsabilité à vos enfants, des compétences qui contribuent aussi à leur sécurité.
Questions fréquentes sur la sécurité enfantine à la maison
Comment créer des zones de risque calculé à la maison?
Aménagez un tiroir bas dans la cuisine avec des contenants en plastique et ustensiles sans danger, permettant l’exploration libre tout en canalisant la curiosité naturelle de l’enfant. L’idée est de dire « oui » à l’exploration dans un cadre défini par vous.
À quel moment introduire l’apprentissage du danger?
Dès 12 mois, vous pouvez commencer avec des concepts simples et concrets. Par exemple, approchez sa main d’une tasse de tisane tiède (jamais chaude) en disant doucement « chaud ». L’association de la sensation et du mot est plus puissante que l’interdit seul.
Quels objets utiliser pour enseigner la prudence?
Utilisez des objets du quotidien sans valeur qui illustrent un concept. Un verre en plastique peut enseigner la chute sans le risque du verre brisé. Une surface tiède (comme un ordinateur portable après usage) peut illustrer le « chaud » sans risque de brûlure.
Combien de temps aérer après des travaux de peinture?
La règle d’or est une ventilation continue et intensive pendant au moins 72 heures. Idéalement, attendez une semaine complète avant que votre enfant ne réintègre la pièce pour dormir, surtout si vous n’avez pas utilisé de peinture sans COV.
Quels matériaux privilégier pour réduire les COV?
Lors de vos rénovations, recherchez activement les produits portant des certifications comme Greenguard ou, à tout le moins, des mentions claires comme « sans COV » ou « faible émission ». Ces produits sont disponibles chez la plupart des grands détaillants québécois comme RONA, BMR ou Patrick Morin.
Un purificateur d’air est-il efficace contre les COV?
Oui, mais avec des nuances. Un purificateur d’air équipé d’un filtre HEPA (pour les particules) ET d’un filtre à charbon actif (pour les gaz et odeurs) peut aider à réduire les COV. Cependant, il ne remplace jamais la solution la plus efficace et la moins coûteuse : une ventilation adéquate.